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Fondation Santé des Étudiants de France

Santé des adolescents

Extrait du projet institutionnel de la FSEF 2013-2017
L’enjeu médical de l’adolescent est d’être en meilleure santé possible : physique, mentale et sociale, pour grandir et devenir responsable de sa propre santé.

Le « travail » de l’adolescence consiste à s’approprier les modifications de son corps, acquérir une identité sexuelle, gagner son autonomie, faire le deuil de son enfance, se détacher de ses parents, accéder à soi-même, explorer le monde et se faire reconnaître comme sujet. L’adolescent a besoin de s’opposer, d’expérimenter ses limites, de prendre des risques, de transgresser, d’être intégré dans le groupe de ses pairs, de prendre du plaisir, d’avoir ses propres croyances et d’être contenu.

Pendant l’enfance, la maladie respecte les besoins psychologiques ; elle renforce la dépendance aux parents et crée un lien de soin privilégié des parents et des soignants autour de l’enfant, tendant ainsi à épanouir le développement psychoaffectif de l’enfant malgré ses souffrances.

Pendant l’adolescence, la maladie change le corps de façon visible ou non, rend différent des pairs, expose au regard des autres. Elle retarde la puberté ou, en tout cas, gêne l’accès à la sexualité malgré le désir et génère des craintes. Elle contrarie l’assouplissement du lien parent-enfant et gêne l’autonomisation de l’adolescent. Elle empiète sur la découverte du monde, sur les acquisitions, et, peu ou prou, sur la scolarité. Elle dramatise les prises de risques et n’est ressentie que comme une contrainte.

L’adolescent malade doit investir son corps défaillant pour gagner l’estime de soi, prendre son autonomie par rapport à sa famille, explorer le monde et se permettre des conduites d’essai ; il doit acquérir une capacité de résilience et abandonner certaines croyances, notamment dans sa propre immortalité.

Soignants, éducateurs et enseignants sont placés devant un paradoxe. La maladie chronique arrête le temps, contraint, fait régresser et rend dépendant : le traitement de la maladie gêne l’adolescence. L’adolescence accélère le temps, libère, fait grandir, autonomise : l’adolescence gêne le traitement de la maladie.

Enquête de l’Observatoire Expertise et Prévention créée par La Mutuelle Des Étudiants - LMDE).
La dernière enquête réalisée en 2011, fait apparaître que, si les étudiants se déclarent en bonne santé, près d’un tiers montre des signes de mal-être (tristesse, déprime). Le renoncement aux soins et l’automédication sont en progression. Sexuellement actifs, les étudiants se protègent du Sida mais ont moins d’informations sur les autres IST et se font très peu dépister. Leurs consommations de tabac et d’alcool sont mesurées ; ils expérimentent le cannabis et d’autres substances psychoactives davantage qu’ils ne les consomment.