Les patients peuvent suivre les cours depuis leur chambre
Dans sa chambre du centre médical et pédagogique de Varennes-Jarcy, Echaty a les yeux rivés sur son ordinateur. A l'écran, son professeur d'éco-gestion apparaît : "Echaty, dans quels secteurs classes tu cette entreprise ?"
L'élève quitte son écran des yeux et se tourne vers sa tablette inter-active. Munie d'un stylet, elle y écrit la réponse. Dans la salle de classe, située dans un autre bâtiment du centre, l'écriture de l'élève se dessine sur le tableau sous le regard de l'enseignante et des trois élèves présents.
Depuis la rentrée, c'est une véritable révolution qui s'est opérée. Grâce à cet outil numérique, les patients qui sont dans l'impossibilité de se déplacer peuvent suivre les cours depuis leur lit. Une avancée formidable pour ce centre qui accueille des jeunes de 12 à 25 ans. Polytraumatisés, myopathes, brûlés.....ils sont tous ici à cause d'un mauvais coup du sort. Malgré tout, les patients restent des élèves. l'établissement de santé dépend de la Fondation santé des étudiants de France(FSEF) et travaille en étroite collaboration avec l'Education nationale. " Vingt enseignants sont présents en permanence pour faire cours aux élèves scolarisés de la 6ème au BTS, explique Thierry Laurent, le directeur des études du centre. Les jeunes sont là pour quelques mois. ils restent donc inscrits dans leur établissement d'origine pour éviter tout problème à leur sortie."
Une révolution scolaire.
Ce nouveau dispositif pédagogique a été pensé afin que les jeunes, alités, puissent les cours depuis leur chambre faute de pouvoir se déplacer dans l'une des salles de classe. "C'est un changement radical, insiste Alexande THiébault , directeur du centre. Avant, le personnel était obligé de transporter le jeune en salle de classe dans son lit. Les patients ont un apprentissage scolaire perturbé, leur emploi du temps est entrecoupé par les soins. Ce dispositif technologique, installé dans toutes les salles de classe, leur permet de ne jamais interrompre la scolarité. Cela pose un cadre pour les ados et évite l'isolement dans leur chambre."
Un investissement lourd mais qui en vaut la peine.
le tableau numérique interactif revêt la forme d'une palette graphique LCD et le stylet remplace la sempiternelle craie. L'interactivité opère grâce à des commandes vocales adaptées, une webcam et une solide connexion wi-fi. "L'objectif est d'obtenir le rendu d'une data conférence en créant des échanges visuels et auditifs" précise Alexandre Thiébault. L'investissement a été lourd. Environ 160 000 €, financés aux deux tiers par la Caisse d'Epargne d'Ile de France et le tiers restant par la Fondation. Mais qu'importe le montant, l'important est de pouvoir "étudier quand même" selon la devise de la Fondation.
Devise parfaitement suivie par l'équipe soignante et les professeurs. Tous ensemble, ils oeuvrent pour que ces jeunes patients ne rompent jamais le lien avec l'école, la réussite et le monde extérieur à cause d'un accident de vie.
Article de Héloïse Croze et Marine Guillaume parue dans le journal "Le Républicain - hebdomadaire de l'Essonne" - édition Nord Essonne du jeudi 3 décembre 2009